The Carlyle a ouvert en novembre 1930 à l'angle de Madison Avenue et de 76th Street, une tour d'appartements Art déco aux intérieurs de Dorothy Draper, achevée juste au moment où arrivait la Grande Dépression ; son promoteur l'a perdue en moins de deux ans. Robert Dowling, qui l'a rachetée en 1944, lui a donné une vie mondaine : le directeur général de l'hôtel, Robert Huyot, a chargé Ludwig Bemelmans de peindre le bar, ouvert en 1947, et le Café Carlyle a suivi en 1955. On dit que Bemelmans a peint les fresques en échange d'un an et demi de logement. Des présidents, de Truman à Clinton, y ont séjourné, John F. Kennedy gardait un appartement en haut de la tour, et une partie de l'immeuble reste composée de logements privés. Rosewood l'exploite depuis 2001.
Il y a 192 chambres et suites, et l'agence tonychi studio a redessiné la plupart d'entre elles lors d'une rénovation achevée en 2021, avec des lambris laqués noirs et un papier peint de Central Park qui fait un clin d'œil à Bemelmans. La Superior Room d'entrée fait 33 m² (360 sq ft), côté cour, avec une salle de bains en marbre et une douche à effet pluie. Les Madison Rooms prennent le côté rue et la lumière du jour, avec 35 m² (375 sq ft), et les Premier Rooms ajoutent de l'espace et une baignoire profonde, avec 42 m² (450 sq ft). Les suites montent des Rosewood Suites de 56 m² (600 sq ft) dans la tour jusqu'aux Central Park Suites des 27e au 33e étages, et beaucoup ont un piano.
On réserve pour le rez-de-chaussée après la tombée de la nuit. Le Bemelmans Bar est la salle que l'on désigne quand on dit le Carlyle : le Central Park de Bemelmans à travers les quatre saisons sur tous les murs, Madeline et ses camarades parmi les scènes, des barmen en veste rouge, un pianiste à partir de 17h30 et un trio de jazz à partir de 21h00. À côté, le Café Carlyle programme du cabaret depuis 1955 sous les fresques de Marcel Vertès, avec des noms de Broadway, de la pop et du jazz pour de courtes séries et le spectacle à 20h45. The Gallery, que Renzo Mongiardino a dessinée en pensant au palais de Topkapi, sert le thé de l'après-midi, et une bonne partie du personnel est là depuis des décennies.
Le compromis, c'est l'argent et l'espace. Même en janvier, la chambre d'entrée coûte environ 1 300 dollars la nuit avant taxe, donne sur la cour et n'a pas de baignoire. Il n'y a pas de piscine, seulement une petite salle de sport ouverte 24 heures sur 24 et le Valmont Spa. Au Bemelmans, on est placé dans l'ordre d'arrivée, si bien que l'attente peut atteindre deux heures une fois la musique lancée. Réservez-le pour l'Upper East Side dans les règles de l'art : le Museum Mile à pied, un martini sous les fresques et une place de cabaret après le dîner. Si vous voulez un rooftop, une vie nocturne du côté de downtown ou une grande chambre pour votre argent, ce n'est pas la bonne adresse.